Et si tous ceux qui écoutent la ville de Montréal...

Et si tous ceux qui écoutent la ville de Montréal, chacun à leur manière, pouvaient s’identifier pleinement comme « écouteurs » et entrer pleinement dans une communauté d’écouteurs?

C’est ce qu’une série de livrets d’écoute va rendre possible. En février et mars 2017 a eu lieu une première série d’entretiens avec des praticiens et chercheurs liés au champ de l’écoute de la ville, pour réaliser une première série d’entretiens et produire le premier de ces livrets. C’est une première étape en vue de créer ensemble une interface d’écoute pensée comme un commun : une infrastructure collective qui serait en mesure de nourrir et amplifier le travail d’écoute et de transformation de la ville.

L’intention à travers cette démarche était de découvrir la diversité des pratiques et des conceptions de l’écoute et de se donner un moyen de mieux comprendre les possibilités que recèle l’écoute pour la transformation sociale et urbaine. Il s’agit d’avoir un aperçu des méthodes employées et des aspirations des praticiens et des chercheurs, pour comprendre les questions avec lesquelles nous vivons dans le vaste champ qu’est l’écoute.

Vous tenez entre vos mains une documentation vivante de ces rencontres. Un outil pour nous aider à découvrir la richesse qui se dégage de ce champ et à discerner quelques apprentissages. En voici quelques-uns ….

1. Si l’écoute est importante, elle est indissociable d’un acte de prise de parole. Le coeur du travail est donc d’aller chercher cette parole, de la provoquer. Sans prise de parole, il n’y a pas d’écoute. C’est dans une conversation, un dialogue qui s’installe et où le sens se crée ensemble que peut se révéler le potentiel d’une transformation.

2. La question des métriques pour mesurer l’impact de l’écoute est difficile.

3. Avec l’écoute vient la responsabilité : celle d’accueillir la parole, de la mettre en relation avec d’autres, pour pouvoir discerner ce qui s’y trame comme récit collectif. Et pour lui donner une suite, pour la mobiliser dans une ou des actions, ou pour lui donner une diffusion et ainsi en révéler la valeur. Cette prise de parole et cette écoute ont donc en elles-mêmes le pouvoir d’être transformatives : écouter, c’est se donner la possibilité d’être transformé.

4. La plupart des praticiens et chercheurs rencontrés ne pensaient pas ce qu’ils faisaient sous l’angle de l’écoute. Par conséquent, le fait d’avoir été questionné sur leur travail à travers cette lunette les a incités à recadrer leur pratique, à en parler de manière différente. Cela a permis de sortir des discours habituels et de redécouvrir toute la beauté et l’engagement de ces démarches.

C’est ce que nous vous invitons à découvrir dans les pages qui suivent, tout en gardant à l’esprit que ce travail en est à ses débuts. Ce livret a vocation à être approprié, réagencé, complété, afin d’en créer d’autres et d’ajouter à cette « écoute des écouteurs », le tout dans une perspective de mise en commun des apprentissages et des méthodologies et de renforcement des relations entre toutes nos initiatives d’écoute.

Bonne découverte!

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